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JORS

Borderline

Qu’il travaille en couleurs ou en noir et blanc, c’est toujours avec un grand talent que Jors transpose et magnifie le paysage à travers des photographies éminemment picturales où la lumière tient une place prépondérante et où la brume s’invite souvent pour brouiller les cartes. Qu’elles soient saisies dans le parc du château de Versailles, le long d’une route de campagne ou d’une digue de bords de mer, ses compositions offrent différents niveaux de lecture nous invitant tantôt à nous perdre dans les différents plans, tantôt à découvrir un détail qui devient finalement le véritable sujet de la photographie. D’une grande sensibilité, Jors laisse transparaître dans ses photographies toute la gamme de ses émotions. Ses paysages, toujours empreints de mystère ou d’étrangeté, se font parfois accueillants, souvent menaçants. Surviennent les accidents du hasard qui viennent nuancer l’humeur de l’artiste. Le ciel chargé se laisse soudain transpercer d’un éblouissant trait de lumière. Inspiré par la peinture, il affectionne particulièrement John Constable, peintre paysagiste britannique du XIXe siècle, dont il pourrait faire sienne cette citation : « Du rien, la nature fait naître la diversité (…) À l’homme qui sait regarder, la nature livre ses sujets, sa vérité ». « Saint-Malo et ses grandes marées d’équinoxe, les vagues gigantesques frappant la jetée avec force et produisant des gerbes d’eau d’une hauteur impressionnante. Cependant quelque chose me dérangeait dans cette image d’Épinal. Après avoir photographié en vain les plus hautes éclaboussures, j’ai compris que l’intérêt n’était pas dans la montée de l’impact mais dans sa chute, créant ainsi une situation d’étrangeté, laissant une part de mystère dans un décor banal. »