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Valentine MONNIER

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A New York, dans une première vie, j’ai regardé les autres me photographier. Plus tard, en République Centrafricaine et au Tchad, dans la foulée obsessionnelle d’amis spécialistes des grands mammifères, j’ai pris mes premières photos…d’éléphants. Quelqu’un a dit « L’Afrique, c’est avant l’Homme ». Finalement sédentarisée dans la région parisienne, j’ai intégré un club de photographes et me suis tournée vers l’humain. J’y ai été formée par de maîtres qui ne sont pas dans l’évènement mais passionnément dans la photographie. Leur approche est désintéressée, leur regard sans concession. Photographier la grâce, cette beauté surnaturelle qui se dégage de l’Homme lorsqu’il s’élève et accomplit de grandes choses. Exprimer une gratitude.

L’écrivain et critique Marianne Cordier écrit à propos de l’artiste :
« Lorsque l’artiste photographie, l’espace se resserre soudain autour de la vision éphémère : focus. L’instant se transforme soudain en image. Tel le chasseur de papillons prêt à saisir sa proie au moment où elle virevolte près de lui, le photographe laisse flotter son regard et se prépare à capturer la beauté du monde pour la révéler dans son immanence. L’oeil électrisé par le désir de renfermer l’instant dans la mémoire des jours, reconnaît dans la scène qui se joue, l’émotion retrouvée.

L’essence du Polaroïd, l’instantanéité, est portée à son paradigme à travers la couleur qui se déploie comme une véritable dramaturgie : mise en scène dans sa pure puissance, la couleur semble contenir tout l’espace autour d’elle et exciter le jeu des choses. Le rouge chavire ; le bleu exalte l’odeur du chlore – swimming soul – c’est l’eau des rêves qui baignent nos paupières. Orange, électrique. Rose, rosa, rosae, et sur le théâtre du sentiment revient l’amour extravagant ; noir, du jeu et de la raison, le rythme de l’équation ; blanc, tout commence ici, dans la couleur abandonnée, le vide.

Le ravissement des sens est total et la couleur explose dans les coulisses de la mémoire. A travers l’écriture lumineuse, le photographe nous raconte son monde intérieur. Un monde habité par les présences, les icônes, les voyages. Ce qui est photographié, c’est notre rapport au monde. Au-delà du plaisir de la connivence, il existe un centre de gravité secret au coeur de ses photographies, qui irradie une force implicite et sensuelle. Et c’est le désir du photographe de conserver précieusement la beauté de l’instant qui perdure au-delà même de sa disparition, dans la magie rétrospective de sa révélation. »

2013 Exposition « Les yeux fermés », Salle des Fougères, Boulogne-Billancourt

Membre de la Fédération française de Photographie
2004 Fédération française de Photographie, Médaille de l’Humain
2006 Fédération française de Photographie, Diplôme du Reportage
2008 Fédération française de Photographie, Médaille du Sport
2009 Fédération française de Photographie, Diplôme du Reportage

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