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Jean-Frédéric BOURDIER

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Issu de la quatrième génération d’une famille de photographes, en autodidacte, Jean-Frédéric Bourdier commence la photographie vers l’âge de huit ans. Il faudra néanmoins attendre la fin des années soixante-dix pour que, lors d’un voyage à New York, l’artiste tombe amoureux du Polaroïd. Depuis ce jour, Jean-Frédéric Bourdier, qui se définit lui-même comme un « polagrapher », construit une oeuvre impressionnante, constituée de milliers d’instantanés, bâtissant une mosaïque photographique au rythme des expériences et des rencontres de sa vie.

L’écrivain et critique Marianne Cordier écrit à propos de l’artiste :
« Lorsque l’artiste photographie, l’espace se resserre soudain autour de la vision éphémère : focus. L’instant se transforme soudain en image. Tel le chasseur de papillons prêt à saisir sa proie au moment où elle virevolte près de lui, le photographe laisse flotter son regard et se prépare à capturer la beauté du monde pour la révéler dans son immanence. L’oeil électrisé par le désir de renfermer l’instant dans la mémoire des jours, reconnaît dans la scène qui se joue, l’émotion retrouvée.

L’essence du Polaroïd, l’instantanéité, est portée à son paradigme à travers la couleur qui se déploie comme une véritable dramaturgie : mise en scène dans sa pure puissance, la couleur semble contenir tout l’espace autour d’elle et exciter le jeu des choses. Le rouge chavire ; le bleu exalte l’odeur du chlore – swimming soul – c’est l’eau des rêves qui baignent nos paupières. Orange, électrique. Rose, rosa, rosae, et sur le théâtre du sentiment revient l’amour extravagant ; noir, du jeu et de la raison, le rythme de l’équation ; blanc, tout commence ici, dans la couleur abandonnée, le vide.

Le ravissement des sens est total et la couleur explose dans les coulisses de la mémoire. A travers l’écriture lumineuse, le photographe nous raconte son monde intérieur. Un monde habité par les présences, les icônes, les voyages. Ce qui est photographié, c’est notre rapport au monde. Au-delà du plaisir de la connivence, il existe un centre de gravité secret au coeur de ses photographies, qui irradie une force implicite et sensuelle. Et c’est le désir du photographe de conserver précieusement la beauté de l’instant qui perdure au-delà même de sa disparition, dans la magie rétrospective de sa révélation. »

2008 Affordable Art Fair, Londres
2008 «The Instant», New-York, USA
2005 Mooncruise Gallery, Vancouver, Canada
2001 La Galerie, Cannes, France
1994 Galerie OZ, Paris

Editions 2008, Blind, A polaroid as a dog, éditions Blurb

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